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Il y a des amitiés qui ressemblent à des plats en sauce : ça mijote longtemps, ça sent bon, ça promet… et puis, au moment de servir, on se rend compte qu’on a juste été utilisé comme marmite.
Je parle ici de ces gens qui se donnent le titre d’« ami » comme on se donne un grade dans une armée imaginaire.
Des généraux de l’affection, des colonels du câlin, des maréchaux du "je suis là pour toi"… jusqu’au jour où, justement, on a besoin d’eux.
Et là, pouf ! Disparition. Évaporation. Silence radio. Le désert affectif.
Prenons un exemple tout frais, tout chaud, tout croustillant : un ami proche (le vrai, pas le faux) fait une demande de prêt à un autre ami (le faux, pas le vrai). Et là, c’est le festival des conditions léonines : taux d’intérêt qui grimpe comme un alpiniste dopé, garanties à fournir dignes d’un prêt immobilier à Dubaï, et clauses qui changent plus vite que la météo à Londres.
Le tout saupoudré d’un ton condescendant, comme si l’arnaqueur faisait une faveur à l’arnaqué.
Et moi, dans tout ça ?
Eh bien, j’ai eu mon propre festival. Pendant des années, j’ai été le bras droit d’un homme qui se présentait comme le cerveau. Moi, je faisais tourner la boutique, lui, il récoltait les lauriers. Moi, je colmatais les fuites, lui, il sabrait le champagne.
Et quand il a eu une idée brillante (selon lui) de monter une organisation internationale, devinez qui a financé le projet avec ses propres économies ? Devinez qui a cru aux promesses de remboursement rapide et aux projets annexes lucratifs ? Devinez qui a tout perdu et s’est retrouvé cigale sans le sou ?
Spoiler alert : c’est moi.
Et pourtant, je ne suis pas plus bête qu’un autre. Mon ami non plus. Il est même très intelligent. Alors pourquoi ? Pourquoi se fait-on avoir par ces beaux parleurs, ces illusionnistes de l’affection, ces prestidigitateurs de la promesse ?
Je crois que la réponse est dans la fable. Pas celle de la cigale et de la fourmi, non.
Celle du corbeau et du renard.
Le renard flatte le corbeau, le corbeau ouvre le bec, et hop, le fromage tombe.
Mais moi, je n’ai pas été flatté dans mon ego. Non. J’ai été flatté dans mes valeurs. Dans mes choix de vie. Dans mon combat pour les plus faibles, pour l’éducation, pour le développement durable, pour les villages oubliés du Moyen-Orient.
Et c’est là que le piège est le plus subtil.
On ne vous dit pas que vous êtes génial. On vous dit que votre cause est noble. Que votre combat est juste. Que votre vision est inspirante.
Et vous, vous foncez. Parce que vous voulez y croire. Parce que vous avez besoin d’y croire. Parce que vous êtes déjà engagé, déjà investi, déjà hypnotisé.
Et puis un jour, vous vous réveillez. Vous regardez autour de vous. Plus de projet. Plus d’argent. Plus d’ami. Juste vous, la cigale, qui chantait pour les autres et qui n’a plus de grain à moudre.
Alors, est-ce que mon expérience peut servir de leçon ?
Non. La preuve : mon ami et son prêt. Je le préviens. Je le conseille. Il m’écoute. Il comprend. Et pourtant, il avance. Comme hypnotisé. Vers le précipice. Comme moi, autrefois.
C’est étrange, ce mécanisme.
On dirait qu’il y a une corde invisible, une mélodie secrète, une incantation douce qui nous pousse à suivre ces faux amis.
Peut-être qu’un jour, un neuroscientifique, un sociologue, ou un vieux sage tibétain nous expliquera ce phénomène. En attendant, on continue à tomber. Et à se relever. Et à retomber.
Mais attention : je ne suis pas amer. Je suis lucide.
Et un peu moqueur. Parce qu’il faut bien rire de ses propres chutes, sinon on finit par s’y installer.
Aujourd’hui, je suis une cigale parisienne. Je vis modestement, mais richement.
Je n’ai plus de projet fou à financer, plus de renard à nourrir, plus de fromage à perdre.
Juste moi, mon blog, mes souvenirs, et cette étrange capacité à reconnaître les pièges… tout en sachant que je pourrais encore y tomber.
Parce que, soyons honnêtes : les renards sont doués. Très doués.
Et nous, les corbeaux, les cigales, les idéalistes, les rêveurs, les bâtisseurs de châteaux de sable… nous sommes vulnérables.
Mais nous sommes aussi beaux. Parce que nous croyons. Parce que nous aimons. Parce que nous espérons.
Et ça, aucun renard ne pourra nous le voler.
La cigale avait le cœur sur la main et l’oseille dans la poche.
Devine ce que les faux amis ont choisi. ;-)
blog d'une expérience de vie différente
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